Je voudrais vous parler d’une journée de ma vie que je n’oublierai certainement jamais, non pas pour ce que j’ai vécu, qui est relativement banal, mais pour ce que ça m’a apporté. C’était il n’y a pas longtemps : samedi 16 juin, de cette année. C’était le dernier jour de ma relation avec l’une des deux femmes dont je suis tombé amoureux dans ma vie.
J’étais à Aix en Provence, depuis 3 jours. Cela ne faisait que 10 jours que nous étions ensemble, mais en dix jours nous avions vécu pas mal de choses : elle m’avait demandé en mariage, avait traversé la France pour venir me voir, je l’avais présentée à mes parents, nous nous étions abstenus, nous avions fait l’amour, nous nous étions engueulés souvent … Bref. Une vraie histoire, qui fait mal et qui rend heureux.
Le soir d’avant, elle m’avait laissé entendre que c’était fini, pour elle. J’avais donc dormi dans le salon, espérant qu’elle change d’avis. Au matin, je l’ai retrouvée dans le même état : las. Elle ne voulait plus de moi.
Je devais rentrer chez moi, à Angers, par le train de 15h. Il était à peine midi, mais je lui ai demandé de me rammener à la gare, ca ne servait à rien que nous restions ensemble jusque là. Ce qu’elle a fait.
Je me suis donc retrouvé pendant trois heures, face à moi même, dans une gare paumée à l’extérieur de la ville, sans rien à faire d’autre que de réfléchir. Ces trois heures ont vraiment été très longues, et mon train est arrivé. Je suis monté dedans, il est parti.
Et j’ai regretté.
J’ai regretté de n’avoir rien tenté, de la laisser filer comme ça. J’ai regretté d’avoir été faible. Alors j’ai pris une décision que je n’aurais jamais été capable de prendre dix jours avant : je suis descendu du train à la première gare, et en ai pris un autre dans l’autre sens. Je l’ai appelée pour lui dire que je revenais, que je voulais la voir, que j’avais besoin de lui parler.
Je l’ai attendue pendant deux heures, elle n’est pas venue. Il n’y avait plus de train pour Angers, je me suis débrouillé pour remonter sur Paris et rentrer chez moi le lendemain, mais ce n’est pas l’important.
Ce qui est important, c’est que pour la première fois de ma vie, j’ai été capable de me mettre dans une situation que je ne controlais pas. Je ne savais pas si je pourrais rentrer, si elle viendrait, quand je suis descendu du train. Mais je l’ai fait, parce que je devais être sûr. Je ne voulais pas regretter. Et que je me foutais du reste.
Cette expérience a été un déclic.
C’est depuis ce jour, que j’ose.
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